Trigance

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Historique - Eglise Saint-Michel

 

Eglise St MichelL'église Saint-Michel

Saint-Michel en est le titulaire, Saint-Roch le patron depuis la peste de 1628. Elle date de la fin du XIIème siècle. Son nom est mentionné en 1225 dans une bulle du Pape Grégoire IX.
Cet édifice, qui tient un rôle de premier plan dans la vie sociale de nos villages, est un bel exemple de mobilisation de l'ensemble de la population.

Au XVIème siècle, si le conseil municipal n'est pas encore institué à Trigance, les paysans semblent néanmoins être associés à la vie de la cité : ils participent aux discussions, prennent certaines décisions avec leur seigneur.
C'est ce dont témoigne un document en partie rongé, la plus ancienne charte originale, datée de 1355, que conservent les archives.
En effet, les villageois, nobles et plébéiens confondus, dressent un procès verbal de nomination de délégués chargés de faire procéder à la reconstruction (ou à la réparation ?) de l'église paroissiale.
Après concertation, ces délégués prêtent serment devant le vicaire, et choisissent les " operaii " ayant pour mission de surveiller l'exécution des travaux. Sont ainsi nommés Guillaume Dauphin d'une part, Bertin Colomb et Jean Pomet comme hommes du peuple d'autres part.
Pour subvenir à la dépense, pouvoir leur est donné de lever une taille spéciale à tous les trigançois, quel que soir leur rang social. L'accord est passé à Trigance, dans le cimetière, devant le portail de l'église.
Trois siècles plus tard, quelques aménagements voient le jour, comme la construction de la sacristie en 1636, la réparation du rétable en 1638, ou l'édification d'une nouvelle tribune en 1646.
Malgré tout, en 1667, l'église est dans un état de délabrement tel qu'on peut à peine y célébrer la messe. Le conseil de Trigance est alors en procès avec le prieur qui s'avère davantage soucieux de percevoir ses rentes que d'assumer ses responsabilités.
Les consuls décident d'agrandir l'église devenue trop petite. En 1669, le conseil en sollicite l'autorisation de l'évêque de Riez, étant donné " que la plupart du temps, fault qu'il demeure beaucoup de gens hors ".
Trois ans plus tard le projet prend corps. L'agrandissement est entrepris du côté de la " feraye " du seigneur conformément aux contrats passés avec les entrepreneurs et après l'apaisement des protestations d'habitants comme Henri Antelme qui l'aurait préféré du côté du cimetière.
Grâce à l'entremise du seigneur Claude de Demandolx et de sa femme Louise de Vento, les discussions prennent fin " moyennant que la communauté…baillera six écus " à Henri Antelme.
Les consuls se chargent de fournir les matériaux nécessaires (pierres, sable, chaux) pour l'exécution des travaux.
En 1713 s'ensuit la construction d'un escalier dans le clocher, en remplacement des échelles en fort mauvais état.
Deux ans plus tard, la grande cloche se rompt : Jacques Vassion d'Entrecasteaux est chargé de la refonte. C'est alors que le conseil vote une imposition égale par maison pour couvrir la dépense.
En 1759, le conseil de Trigance traite avec un fondeur de Bargemon pour la refonte de la petite cloche cassée, car les habitants des environs " ne peuvent s'acquitter des devoirs de chrétiens faute d'entendre sonner ".
Peu après, Jacques Fouque se charge de la fabrication d'un confessionnal et de la réparation des deux autres.

Croix de Procession de L'Eglise Saint-MichelL'année 1777 coïncide avec la visite pastorale de l'évêque de Riez qui se rend régulièrement en la paroisse de Trigance. On en profite pour consolider et blanchir la croix processionnelle datée du XVIème siècle.
En 1782, un dénommé Dupont, fondeur, est mis à contribution pour la refonte de la grande cloche à nouveau fêlée. D'une hauteur de 72cm et pesant 230 Kg, elle porte une inscription latine " Ad honorem Sancti Michaelis archangeli ut orat pro nobis et nos defendat ab hoste maligno " (En l'honneur de Saint-Michel archange afin qu'il prie pour nous et nous défendre de l'ennemi malin).

Près d'un siècle plus tard, d'imposants travaux de réfection s'imposent à l'église. En effet, en 1863, le conseil de fabrique chargé d'administrer les biens de la paroisse déplore " les dégradations causées à la couverture, à la voûte et aux vitraux par le temps et les eaux pluviales qui tombent sur tous les autels, et sur le tabernacle où se conserve le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie ".

Ainsi, la charpente de la toiture de l'église exige une reconstruction de toute urgence. Plus de quatre-vingt arbres sont mis à disposition afin d'y tailler les poutres.
On décide également d'acheter au prix de cinquante francs deux maisons délabrées situées au nord de l'église pour en employer les matériaux à la réfection de la toiture et des murs.
Dans le même temps, l'intérieur du sanctuaire s'enrichit de nombreux ornements, tel un vitrail à l'effigie de Saint-Michel, patron de la paroisse. Un nouveau tabernacle est également construit, de même qu'un maître-autel en marbre blanc.

En 1867, le curé de la paroisse fait ériger un chemin de croix dans la sacristie.
Quelques années plus tard, Eugène Baudoin, de Marseille, s'engage à fondre la grande cloche, laquelle est inaugurée solennellement en 1875.
A la fin du siècle, dans délibération du conseil de fabrique, on décide " pour la sécurité publique, de démolir la flèche du clocher paroissial qui menace ruines " et de procéder à sa reconstruction.
En 1904, l'architecte Guisol de Draguignan dresse le devis : il s'agit " principalement de refaire la couverture du clocher au moyen d'une charpente en bois recouverte en tuiles plates, le tout surmonté d'une croix en fer ".

Le 25 avril 1905, le conseil de fabrique, réuni dans le presbytère, procède à l'adjudication, sur soumission rachetée et au rabais, des travaux à exécuter, dont le montant s'élève à 1000 francs.

L'offre de l'entrepreneur Guigonnet remporte l'adhésion du conseil.
L'approbation du préfet, le 30 mai 1905, sanctionne le commencement des travaux dont la dépense est couverture par un legs de Marie Blanc.

Le dépouillement des archives fait ressortir que 9 prêtres et 12 seigneurs sont enterrés dans la nef principale.

Le clocher, est une solide tour carrée coiffée d'un toit à quatre pentes couvert de tuiles polychromes.
La tribune abrite aujourd'hui un musée historique, on appréciera le mobilier classé de l'église: croix de procession en argent et cuivre du XVème siècle, quête en cuivre du XVIIème, toiles des XVIIème et XVIIIème siècles...

 

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